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Mercredi 01 Juin 2016

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Forêt de Madagascar – Aucune amélioration malgré les millions de dollars dépensés

Madagascar a célébré hier la Journée internationale des forêts. Une occasion pour les techniciens de confirmer l’ampleur de la dégradation incessante des forêts primaires malgaches depuis la dernière décennie. Le pays n’a plus que moins de 10 millions d’hectares de ses forêts primaires malgré la multitude de programmes de conservation et les centaines d’aires protégées. En effet, les dirigeants se focalisent seulement dans la récolte de statistique pour pouvoir bénéficier de financements. Les millions de dollars empruntés  à la Banque mondiale et les autres partenaires financiers n’ont  servi presque à rien puisque les surfaces boisées ne cessent de diminuer.

A part les feux de brousse, la forêt représente plus de 80% des sources en combustibles : charbon et bois de chauffe chez les ménages malgaches.

Les exploitations minières illicites ainsi qu’industriels constituent également une cause non négligeable de la déforestation. Enfin, l’exploitation illicite de bois précieux devient un problème national impossible à résoudre puisque des personnalités bien placées seraient de mèche avec les trafiquants. Face à tous ces problèmes, les tenants du pouvoir, par le biais de son ministère de l’Environnement, font parade pour cacher leur inefficacité dans la protection des forêts malgaches.

 

 

Le régime abandonne l’augmentation des surfaces protégées

Madagascar a pour objectif de reboiser 21.000 ha par an pendant 10 ans, mais aucune statistique fiable ne peut confirmer que tous les arbres plantés ont engendré des forêts. Par contre, la vision de Durban, qui était d’augmenter trois fois soit 6 millions d’hectares les aires protégées entre 2003 et 2012, est déjà atteinte. En 2010, la surface des aires protégées était de 5,2 millions d’hectares et Madagascar a pris le défi de dépasser l’objectif de 6 millions d’hectares à 7,5 millions d’hectares soit 17% du territoire national. La même année, la superficie forestière soumise à une gestion durable des forêts était à 8,228 millions d’hectares, tandis que la superficie de domaine forestier permanent était de 3, 476 millions d’hectares. En 2014, l’actuel chef d’Etat malgache n’a pas pu relever le défi d’augmenter les surfaces des aires protégées, lors du congrès mondial des parcs à Sydney en Australie. Il s’est contenté tout simplement de promettre la création de plusieurs nouvelles aires protégées.

 

Il ne reste plus que 10% de forêts naturelles

Un rapport de Conservation International a encore classé la Grande île dans la catégorie des 10 pays qui ont une surface de forêts naturelles en dessous de 10%. Or, même sous protection légale, les aires protégées à Madagascar ne disposent pas de plan d’aménagement. En 2010, seulement 2000 ha de surfaces forestières avaient de plan d’aménagement  et superficie forestière à l’intérieur des aires protégées.

Quant aux efforts de reboisement, l’estimation avance une moyenne annuelle de 25.000 ha qui a déjà dépassé l’objectif de 21.000 ha par an. En 2008, avec le reboisement industriel, 34.000 ha de surface ont été reboisés mais cette stratégie a été abandonnée depuis 2009.  Dans la plupart des cas, l’eucalyptus avec  150 397 en pépinière et le pin sylvestre avec 140 980 replantés, en 2005, sont les espèces les plus utilisées dans le reboisement. Les dix autres espèces les plus conseillés sont entre autres, Ravensara (Tavolo), Diospyros (Hazomainty), apurodendron (Nato), Uapaca  (Voapaka), Garcinia (Vongo), Callophyllum (Vintanina), Symphonia  (Kijy), Weinmannia (Lalona), Chrysophyllum boivinianum (Famelona), Ocotea cymosa (Varongy).

Le reboisement ne récompense pas la déforestation

Les efforts de reboisement n’arrivent pas à compenser les dégâts produits par la déforestation. En 2010, le rapport officiel de la gendarmerie nationale fait état de 46.117 ha de forêts détruites par les feux alors que la moyenne annuelle de reboisement est de 25.000 ha. Une situation ayant quasiment quadruplé par rapport à celle de 2008 dont 1810 ha de forêts ont été brûlés. L’année dernière, 73 forêts ont été enregistrés et 73 individus arrêtés.

En effet, les dernières statistiques disponibles font état que la Région de l’Itasy est en tête de liste des localités les plus destructrices de forêts car en l’espace de cinq ans, le taux de déforestation y est à 6,66%.

Par ailleurs, avec 0,14% de déforestation en cinq ans, les statistiques ne reflètent pas la situation réelle dans la Région Analanjirofo où l’exploitation illicite de bois précieux est sans doute la plus grave. La réalité propulse  Analanjirofo à la tête des régions destructrices de forêts avec l’exploitation  illimitée des bois précieux.

Les statistiques non officielles avancent une destruction de 200.000 à 300.000 ha par an.

Un rapport a mis en évidence que sur 316.000 ha de forêts détruites par les feux de brousse, 309.000 ha sont des savanes, et 7.000 ha des forêts dont 5000 ha de forêts naturelles et 2000 ha de forêts portant sur le reboisement.

 

 

60 000 espèces d’arbres, dans le monde

La planète compte environ 60 000 espèces d’arbres, mais plus de 8 000 sont menacées de disparition. Dans le monde, 13% des surfaces forestières sont légalement des aires protégées. Elles ont pour fonction principale la conservation de la diversité biologique, la protection des ressources en sol, et en eau, ou la conservation du patrimoine culturel. Au total, 60 millions d’hectares d’aires protégées ont été créés entre 2000 et 2010. Huit pour cent des forêts du monde ont pour principal objectif la protection des sols et des ressources en eau. Quelque 330 millions d’hectares de forêts sont affectés à la conservation des sols et de l’eau, au contrôle des avalanches, à la stabilisation des dunes de sable, à la lutte contre la désertification ou à la protection des côtes. Les superficies forestières affectées à des fonctions de protection ont augmenté de 59 millions d’hectares entre 1990 et 2010, principalement du fait de plantation à grande échelle en Chine afin de lutter contre la désertification, de promouvoir la conservation des sols et des ressources en eau et d’atteindre divers autres objectifs de protection.

 

Dom

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